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Article: "Compte rendu de la pléniere du CG du Var "
Brève sur le compte rendu de la pléniere du 16 février du Conseil Génaral du Var : Article concerant la gestion de l'eau et de l'assainissement et de l'interprétation par les élus du site www.eaupublique.fr de l'association EAU.
Article: "Des puits en voie d'épuisement"
Analyse: Une étude sonne l’alarme sur l’utilisation, dans certaines régions du monde, de l’eau «non renouvelable» pour l’irrigation agricole. Avec le risque de provoquer des crises alimentaires.
Par SYLVESTRE HUET - Libération
«L’eau se mange plus qu’elle ne se boit.» Tous les agriculteurs le savent, même si cette formule lapidaire, mais toute de vérité, est issue d’un livre scientifique (1) de Daniel Nahon, spécialiste de l’agriculture en pays chaud, qui avance ce chiffre : 86% de l’eau utilisée par les hommes l’est pour l’agriculture.
Mais quelle eau ? A l’agriculture pluviale, les hommes ont ajouté depuis longtemps l’irrigation. Elle a permis d’augmenter les rendements et fait partie des préconisations des agronomes, en particulier pour les pays où l’agriculture ne suffit pas à nourrir la population. Mais cette «mise sous perfusion» des terres ne va pas sans problème, avertit Nahon. Leur salinisation, en raison d’une irrigation trop abondante, a probablement participé à des effondrements de civilisations, et continue de détériorer les sols agricoles à grande échelle.
Surtout se pose la question de la ressource. Il peut s’agir des eaux dites «vertes» ou «bleues» par les agronomes, celles des pluies, des cours d’eau, des lacs naturels ou artificiels ou des nappes phréatiques directement reliées aux pluies. Dans ce cas, nonobstant les caprices du climat, cette ressource se renouvelle, du moins si le soutirage ne dépasse pas cette capacité sur la durée. Tout change lorsqu’il s’agit d’eau non renouvelable, ou fossile, que l’on puise dans le sous-sol profond. Avec une accélération considérable ces dernières décennies, car les forages modernes permettent d’atteindre 2 à 3 km de profondeur, où se niche cette eau précieuse. Combien de temps les agriculteurs vont-ils pouvoir «tirer» sur ce stock, épuisable par définition ?
Échelle planétaire. Si cette question exige une réponse au cas par cas, un long article paru dans la revue Water Ressources Research (2) permet de localiser et d’estimer la gravité du problème. Une étude inquiétante, car elle montre que des régions, voire des pays, ont recours de manière croissante à une irrigation non durable. Au total, 20% de l’eau agricole utilisée en l’an 2000 pour l’irrigation serait d’origine fossile. Les surfaces irriguées ont ainsi été multipliées par trois depuis 1960, atteignant 17% des terres cultivées, mais 40% de la production.
L’impact des crises de l’eau agricole en raison de cet usage non durable dépasserait les régions directement touchées et pourrait avoir des effets à l’échelle planétaire, expliquent les auteurs de l’article, trois scientifiques de l’université d’Utrecht (Pays-Bas), Yoshihide Wada, Ludovicus Van Beek et Marc Bierkens. Pour réaliser cette étude, ils ont utilisé des bases de données géographiques et hydrographiques, des observations par satellite du stockage dans les sols, et une modélisation des besoins des cultures. Le tout afin d’estimer la part de l’eau non renouvelable dans l’irrigation. La cartographie détaillée réalisée par les scientifiques permet d’identifier chaque région où le problème se pose.
Si l’on classe les pays par la proportion d’eau non renouvelable dans les usages agricoles, on retrouve sans surprise les Etats désertiques (Arabie Saoudite, Libye, Koweït, Qatar, Emirats arabes unis) où l’eau fossile peut représenter jusqu’à 78% du total. Mais tant que les ressources des aquifères fossiles ne seront pas correctement estimées, ces pays ne sauront pas à quelle vitesse ils se rapprochent d’une pénurie.
Plus surprenant est le classement par quantité d’eau pompée. En tête : l’Inde (68 km3/an), puis le Pakistan, les Etats-Unis, l’Iran, la Chine, et le Mexique. Les proportions d’eau non renouvelable de l’agriculture de ces pays montrent leur degré de vulnérabilité : 24% pour le Pakistan, 23% pour les Etats-Unis, 22% pour le Mexique, 19% pour l’Inde, 15% pour la Chine. S’y ajoutent des Etats déjà fortement utilisateurs d’eau fossile et où le changement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire baisser les précipitations (Algérie, Tunisie, Maroc, Italie, Espagne).
Article: "Le public paie plus que le privé"
Il y a quelques semaines, Marsactu vous parlait à propos du Forum mondial de l’eau (FME) d’un budget aussi clair que la calanque de Cortiou. L’eau est entrain de s’éclaircir pour laisser transparaître un bien beau diamant.
Suite à la réunion du conseil d’administration du groupement d’intérêt public qui préside à l’organisation du forum, nous avons pu obtenir quelques précisions sur les fonds récoltés par le FME et sur la façon dont ceux-ci seront utilisés. Comme nous vous l’avions déjà raconté, la jauge du budget a été réévalué à 29,6 millions d’euros après la baisse des apports des entreprises et la hausse des participations de Marseille Provence Métropole (+ 500 000 €) et de la mairie de Marseille (+ 1 000 000 €).
Les organisateurs justifient le budget colossal de la manifestation par l’impact que celui-ci doit avoir sur la ville. 20 000 participants – voire 25 000 pour les plus optimistes – sont espérés. Avec des retombées escomptées sur les commerces et l’hôtellerie/restauration locale… Sauf que ce que l’on veut présenter comme un grand événement international reste une démarche privée (ce n’est ni une ONG ni une organisation onusienne) et refermée sur elle-même (peut-être le dernier jour les Marseillais pourront-ils exceptionnellement visiter le « village des solutions »). Face à notre caméra, Martine Vassal a fait le point sur ces questions.
Une fois le bouton rouge éteint, l’élue UMP nous glissait : « Vous savez, aujourd’hui, le privé donne même plus que le public. » Les chiffres démentent pourtant cette vision. A l’heure actuelle, les acteurs publics versent 55% du budget. Les ministères de l’environnement et des affaires étrangères mettent chacun deux millions au pot, la région et le département un peu plus d’un million, la Ville 5 millions et MPM 2,3 millions (rallonges comprises). L’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema) et les agences de l’eau (qui tire une grande partie de ses crédits des taxes sur l’eau du robinet) complètent l’apport public avec une enveloppe commune de 3 millions.
En tout, le contribuable met donc 16,5 millions sur la table quand le privé n’en met que 13. Et pourtant, comme nous le rappelle Eugène Caselli, les multinationales de l’eau sont loin d’être en souffrance.
Au final, Veolia, Suez et la Société des Eaux de Marseille (propriété de Veolia) ne verseront chacune que deux millions d’euros au Forum. EDF, qui nourrit de nombreux projets autour de l’eau, 700 000 euros. La Chambre de commerce et d’industrie Marseille Provence (CCIMP) n’abondera finalement que 200 000 euros. Inscriptions et droits de stands devraient rapporter 6, 9 millions à l’organisation. 2,3 millions d’euros ont dû être empruntés et seront, nous annonce le Forum, remboursé par l’arrivée d’autres partenaires dont l’un sera le numéro 3 de l’eau en France, la Saur, qui va contribuer à hauteur de 500 000 euros.
Ouf, le compte y est et le privé a économisé 3 millions d’euros dans l’affaire. Et ce n’est peut-être pas fini : certains investissements vont retomber directement dans leurs poches. Ainsi, le Parc Chanot est-il loué par l’organisation du Forum à Veolia qui en est l’exploitant. Plus généralement, la somme des dépenses a de quoi faire rêver plus d’un organisme d’action sociale. Elles se divisent en six pôles, nous expose la communication du forum :
- 9,5 M€ sont fléchés pour l’organisation événementielle pendant mais aussi avant le forum (réunions internationales, location du Parc Chanot, etc.)
- 7,5 M€ sont dévolus aux financements des groupes de travail, ce qui inclut les déplacements des représentants des différents acteurs du forum pour les réunions préparatoires à cette édition marseillaise.
- la communication, pour lequel le Forum a fait appel à Publicis et que plusieurs acteurs du dossier s’accordent à qualifier d’ « insuffisante », bénéficie pourtant d’un budget de 4 M€.
- la gestion quotidienne du forum (salaires, bureaux notamment) coûte 2,5 M€.
- les invitations et le sponsoring de certains participants (1,1 M€)
- la dernière ligne reste on ne peut plus floue. Pas moins de 5 M€ sont dit réservés pour « le droit d’événement », ce qui semble correspondre au ticket d’entrée versé par le Forum au Conseil mondial de l’eau pour accueillir l’événement. En effet, à la différence du label « capitale européenne de la culture » où il s’agit d’une véritable élection, la ville hôte d’un forum ne fait l’objet que d’une désignation. Une part de cette somme est-elle affectée à d’autres services que livrerait le CME ? Difficile à savoir aujourd’hui. La calanque de Cortiou n’a pas encore livré tous ses mystères.
Danielle Mitterrand raconte...
"Je ne veux pas me contenter de changer le monde, je veux changer de monde", raconte Danielle Mitterrand, décédée en novembre 2011, dans "Ce que je n'accepte pas", un livre d'entretiens posthume, à paraître le 19 janvier, où elle évoque son esprit de résistance et ses combats.
"Remettre en cause, protester devant l'incompréhensible, l'inadmissible, se rebeller contre les autorités (...) J'ai appris cela très jeune et par conséquence toute ma vie j'ai posé des questions", explique la veuve de François Mitterrand dans ces entretiens réalisés avec Gilles Vanderpooten l'été dernier à Latche.
Son époux n'échappait pas à ses interpellations: "Lorsque je ne comprenais pas la motivation d'une décision, j'interrogeais mon interlocuteur privilégié tout au long de ses deux septennats, surtout lorsque je discernais une contradiction entre ses convictions et ses actes", raconte l'ex-première dame, décédée le 22 novembre 2011 à l'âge de 87 ans.
De ses jeunes années dans la Résistance à son dernier combat pour l'accès à l'eau pour tous, "le refus de l'injustice a présidé toute ma vie", souligne Mme Mitterrand, dont le livre est publié aux éditions de l'Aube, tout comme "Indignez-vous", de l'ex-diplomate et résistant Stéphane Hessel.
Danielle Mitterrand raconte aussi son combat pour le droit des peuples, comme les Kurdes, les Cubains ou les Quechuas, au travers de sa fondation France Libertés. "Je peux m'enorgueillir d'avoir participé (...) à la fin de l'appartheid en Afrique du Sud", rappelle-t-elle par exemple.
Affirmant ses convictions - "il faut être radical", "l'indignation est nécessaire" -, elle insiste sur la nécessité d'une "rupture avec le capitalisme" et explique avoir rejoint le mouvement des altermondialistes "parce qu'il était, et reste, le seul lieu où la défense des droits de l'homme se conjugue avec la défense des ressources indispensables à la vie".
Celle qui salue le mouvement des Indignés et les forums sociaux mondiaux qui lui ont "donné beaucoup d'espérance", les appelle à s'unir "pour mettre un terme à la dictature économique et financière".
"Mais c'est long, que c'est long. Surtout quand on a 87 ans. Je me dis que je ne verrai rien de tout cela. Mais je sais que le processus est engagé", conclue-t-elle.
("Ce que je n'accepte pas" - Danielle Mitterrand, entretiens avec Gilles Vanderpooten
- Editions de l'Aube - 109 p. - 7,10 euros)
17 jan 2012 (AFP)
«Nous sommes porteurs d’alternatives et nous sommes légitimes»
Le président de la Coordination Eau Île-de-France, Jean-Claude Oliva (à gauche sur la photo), interrogé sur le Forum alternatif mondial de l’eau et le Forum social mondial de Dakar.
Forum social mondial, Dakar 2011 : Inclusion sociale et démocratie participative
Reportage au sein du 9e Forum des autorités locales (maires, présidents de communauté, etc, issus de toute la planète).
FME : L’offensive communicationnelle
Le sixième Forum organisé par le Conseil mondial de l’eau à Marseille en 2012 sort sa feuille de route, un document en forme de plaquette de com’ un peu creuse. Étude de texte.
De l’eau dans le gaz (et vi-ce-versa)
Les permis d’explorer le sous-sol, principalement dans le sud-est de la France, provoquent une vive polémique...
Lire l'article.
La piste des fontaines publiques
Un groupe de travail du Conseil national de l’eau recommande une présence accrue de fontaines d’eau potable et de toilettes publiques à l’attention des personnes marginalisées.
Mobilisation au coeur de l'Union européenne
Les partisans de l'eau publique ont fait valoir leurs arguments au Parlement européen.
Le Fame en route pour la gloire ?
Officiellement lancé le 24 novembre, le Forum alternatif mondial de l’eau (ou Fame, qui renvoie à l’anglais «célébrité», «gloire») est sur les rails, direction Marseille 2012.
Le CME droit dans ses bottes
Le droit à l’eau vu par le Conseil mondial de l’eau : à la traîne derrière l’ONU.
«Droit à l’eau» Le patron n’offre pas la tournée
La France se dote d’une loi sur le droit à l’eau, assortie d’une aide pour l’accès à l’eau des plus démunis.
Water makes… débats à Marseille
À Marseille, cette journée Water Makes Money fut très politique, après le film et avant.
Draguignan se prive du public
Sous contrat de délégation de service public avec Veolia depuis 1987, la municipalité varoise devrait conserver ce mode de gestion de l’eau pour encore 20 ans. L’opposition estime que le maire aurait dû commander un audit pour étudier l’autre choix, celui de la régie publique.
Les Landes, les aides qui fachent, ça marche !
Landes : les aides qui fâchent, ça marche
Dans le département des Landes, l'aide apportée par le conseil général aux communes choisissant le retour en régie a fait l'objet d'attaques en règle de la part des entreprises de l'eau. En vain.
«Les Olympides» Humour et eau fraîche
Drôle sans naïveté, sarcastique sans cynisme, Les Olympides, de et par la compagnie Art.27, traite de la gestion de l’eau et de la protection de cette ressource. Un théâtre vivant, alerte, plein d’humour, servi par une écriture aux petits oignons qui vulgarise des enjeux capitaux.
Eau Publique
