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Association EAU - Elus, Associations, Usagers

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FAME

Manifestation défense Eau publique. Marseille le 17.03.12

France 3 Appel de Varages le 10/03/2012

Anne Le Strat, Adjointe Maire Paris

Accès eau potable pour les plus démunis 26.01.12

Jacques PERREUX, Conseiller Régional IDF, FAME

Conseiller Général Val de Marne, 26.01.12

Christophe LIME, Président régie eau Besançon

Adjoint au Maire délégué à l'eau

Cécile HELLE, Vice Présidente conseil régional PACA

Intervention comité de bassin Rhone Méditerranée

Allocution de Michel partage - Parlement Europeen

Strasbourg Parlement Européen 15/12/2010

APE

L'association EAU adhère à APE depuis 2009: Bien sur la création d'un guide c'est de suite imposé pour soutenir les élus et les usagers dans leur démarche de retour en régie.

Ils sont maintenant plusieurs sur le marché, nous pensons qu'ils ont tous lieu d'etre. Chacun apporte un regard, une méthode et des contacts differents. Dans ce guide gratuit (La gestion publique de l'eau - Mode d'emploi) plusieurs membres du CA de EAU décrivent leurs expériences en tant que responsable de la gestion publique de l'eau dans leur commune.

http://www.aquapublica.eu

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L’eau est un bien indispensable à la vie ! Trois jours sans eau et vous êtes morts ! Cela mérite bien de s’y attarder en conseil municipal, en réunion de quartier ou en assemblée générale d’habitants ?
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Draguignan se prive du public

Sous contrat de délégation de service public avec Veolia depuis 1987, la municipalité varoise devrait conserver ce mode de gestion de l’eau pour encore 20 ans. L’opposition estime que le maire aurait dû commander un audit pour étudier l’autre choix, celui de la régie publique.

À Draguignan, les tensions s’exacerbent autour de la question de l’eau. Il faut dire que la mairie n’y est pas allée avec le dos de la cuillère, lors du conseil municipal du 14 octobre, puisqu’elle envisage un nouveau contrat de délégation de service public (DSP) pour une durée de 20 ans (après avoir préconisé 25 ans)1. Actuellement, et ce depuis 1987, la distribution de l’eau potable est gérée par une filiale de Veolia (la société Technique d’Exploitation et de Comptage) dont le contrat d’affermage s’achève le 30 juin 2011. De plus, l’opposition municipale se dit choquée par la méthode : à savoir qu’aucun audit n’a été commandé pour peser le pour et le contre entre la DSP et un éventuel retour en régie municipale.
Pour défendre sa position, la mairie développe l’argumentaire suivant, par la voix de Didier Gauthé, directeur général adjoint de la ville et directeur de la communication :
- « Il n’y a pas de récriminations concernant l’eau à Draguignan ;
- Nous allons renégocier les tarifs ;
- Nous avons besoin d’investissements lourds suite aux inondations de juin. »
Selon lui, donc, le recours à un délégataire s’impose au maire UMP Max Piselli « pour négocier au mieux, avoir les meilleurs équipements sans pression budgétaire ou augmentation de la fiscalité », d’autant que la distribution de l’eau impliquerait « des métiers qui ne peuvent être portés par les collectivités car trop lourds financièrement ; de plus, les collectivités ne sont pas outillées pour cela ». Quant à la durée, 20 ans de DSP, la mairie l’estime nécessaire « pour négocier efficacement ». Conclusion, « compte tenu des travaux, des investissements de Veolia, du prix de l’eau, il n’y a pas eu d’audit (…) et il n’y en aura pas. »

Idéologie
L’opposition a donc voté contre la délibération du conseil municipal du 14 octobre, qui a acté le lancement de la procédure (l’appel d’offres a été diffusé il y a quelques jours). Par nature, la querelle est, entre autres, idéologique : droite/gauche, la place des services publics dans la collectivité (et, partant, la place des multinationales), eau bien économique/eau bien commun de l’humanité… La mairie revendique une approche pragmatique et qualifie de dogmatique la position de ses adversaires. Lesquels reniflent également de l’idéologie dans le discours de la majorité. Ainsi, pour Patrick Boulet, conseiller municipal d’opposition (PS), « lorsque Max Piselli recourt aux DSP, affirme que nous n’avons plus le savoir-faire pour assurer ces missions, cela veut dire qu’il n’a plus confiance dans les hommes et leurs compétences. Je trouve ça choquant. » Lui ne se définit pas comme « un ayatollah, mais un défenseur des services publics. Remettre les services publics au centre de la cité donne du sens au tissu social, contribue à l’affermir. » Il se veut également pragmatique, assurant que, si d’aventure Draguignan repassait en régie municipale, les retombées seraient positives pour les citoyens, pour ce qui concerne le prix de l’eau ou la qualité du service – notamment en matière de rapports humains (« on ne couperait pas l’eau sans explications, sans prévenir », comme il l’a lui-même expérimenté récemment).

Audit
Autre point de friction donc, l’audit2. Audit qui n’a pas eu et qui n’aura pas lieu, on l’a vu. Ce qui donne à l’opposition la fâcheuse impression que les dés sont pipés, en d’autres termes que le maire avait tranché par avance pour le renouvellement de la DSP et que, dès lors, la question du passage en régie publique ne se posait même pas. Patrick Boulet relève également un déficit de « démocratie et de transparence » dans la démarche. Même analyse chez Jacqueline Pozzana, conseillère municipale PS, affirmant que « le maire n’a accédé à aucune de nos demandes d’audit ; il ne veut rien entendre, la gestion de l’eau va donc rester en affermage. Lors du conseil municipal, il s’est contenté des avis favorables de la commission consultative des services publics locaux et du comité technique paritaire qui concluaient évidemment que la délégation de service public était la solution la plus adaptée. »
Selon la mairie en effet la question de l’audit ne se posait pas. Le recours à la DSP est, pour elle, la seule solution envisageable du fait des capacités financières du délégataire en regard de celles de la collectivité. Ce choix est notamment motivé, selon Didier Gauthé, par les travaux liés aux inondations, mais aussi par les difficultés induites par la topographie locale (longueurs des réseaux, dénivelés importants…), etc. Bref, tout ce qui fait que, d’après la mairie, une commune de la taille de Draguignan ne peut supporter une telle charge. Et que le passage en régie publique entraînerait une augmentation des prix.

Tarifs

L’opposition y voit de mauvaises raisons pour justifier le renouvellement de la DSP, arguant que des communes d’importance similaire à Draguignan (autour de 40 000 habitants) ont fait le choix inverse avec succès, « comme Castres ou Châtellerault ». Quant au tarif – à Draguignan 2,74 euros m3 (assainissement compris) –, elle compare avec « le prix moyen en régie, soit 2,35 euros » et pointe « une augmentation de 10% entre 2006 et 2009 ». Patrick Boulet avance aussi qu’il eut été utile de réfléchir « à une mutualisation des services au niveau de la communauté de communes » et que l’argument d’une charge trop importante ne tient pas, notamment pour la question du laboratoire d’analyse qu’il n’est pas obligatoire de transférer en régie.
Et maintenant ?
Pour Jacqueline Pozzana, « il faut désormais se battre pour que le prix baisse, même avec un délégataire », ajoutant que « si les entreprises locales s’y intéressent ça peut changer la donne : elles seront peut-être moins gourmandes… » « Nous voulons maintenant participer à l’élaboration du cahier des charges, précise Patrick Boulet, apporter nos points de vue et réflexions, notamment sur la récupération des eaux de pluie. On va voir pour la basse du prix – en 25 ans de DSP il n’y a jamais eu de négociation. Avec le débat actuel sur l’eau en France, beaucoup de villes obtiennent des baisses, les entreprises sont obligées de lâcher du lest. »
D’autres acteurs vont essayer de peser, ainsi du Comité pour une gestion publique de l’eau en Dracénie (CGPED) qui a lancé une pétition3 et va essayer de mobiliser la population, explique Roger Gimenez (du collectif Draguignan à gauche). Qui lâche : « Je suis assez pessimiste. Mais notre espoir c’est que la population se bouge. On envisage d’ailleurs de faire des réunions publiques de villages en villages, en Dracénie (à Trans, Flayosc…). »4 Deux communes où les contrats de DSP arrivent à leur terme fin 2010…

Antoine Pateffoz