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FAME

Manifestation défense Eau publique. Marseille le 17.03.12

France 3 Appel de Varages le 10/03/2012

Anne Le Strat, Adjointe Maire Paris

Accès eau potable pour les plus démunis 26.01.12

Jacques PERREUX, Conseiller Régional IDF, FAME

Conseiller Général Val de Marne, 26.01.12

Christophe LIME, Président régie eau Besançon

Adjoint au Maire délégué à l'eau

Cécile HELLE, Vice Présidente conseil régional PACA

Intervention comité de bassin Rhone Méditerranée

Allocution de Michel partage - Parlement Europeen

Strasbourg Parlement Européen 15/12/2010

APE

L'association EAU adhère à APE depuis 2009: Bien sur la création d'un guide c'est de suite imposé pour soutenir les élus et les usagers dans leur démarche de retour en régie.

Ils sont maintenant plusieurs sur le marché, nous pensons qu'ils ont tous lieu d'etre. Chacun apporte un regard, une méthode et des contacts differents. Dans ce guide gratuit (La gestion publique de l'eau - Mode d'emploi) plusieurs membres du CA de EAU décrivent leurs expériences en tant que responsable de la gestion publique de l'eau dans leur commune.

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L’eau est un bien indispensable à la vie ! Trois jours sans eau et vous êtes morts ! Cela mérite bien de s’y attarder en conseil municipal, en réunion de quartier ou en assemblée générale d’habitants ?
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FME : L’offensive communicationnelle

Le sixième Forum organisé par le Conseil mondial de l’eau à Marseille en 2012 sort sa feuille de route, un document en forme de plaquette de com’ un peu creuse. Étude de texte.

L'organisation du 6e Forum mondial de l’eau (FME) est passée en mode vitesse de croisière. Après le coup d’envoi en juin dernier à l’Elysée, le Forum organisé par le Conseil mondial de l’eau (CME) avait fait quelques ronds dans l’eau. Mais la réunion des 17-18 janvier a permis de définir une feuille de route jusqu’à mars 2012, date à laquelle la manifestation se tiendra à Marseille. Ouverte par la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, et conclue par le ministre chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, et par le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, la réunion a rassemblé quelque 400 participants à Paris.

Stratégie
Manière de bien baliser le terrain, la feuille de route que le FME vient de publier – maquette bling-bling, selon le terme désormais consacré, et titre vendeur (« Le temps des solutions ») – s’ouvre sur un texte signé Nicolas Sarkozy. Le rédacteur dissimulé derrière le paraphe présidentiel a réussi à écrire dès le deuxième paragraphe « Pour l’eau comme pour l’assainissement, le temps des solutions est venu », instillant le doute dans les esprits : le titre de la plaquette du FME est-il d’inspiration présidentielle ?
En tout cas, consigne a été donnée : le terme « solutions » doit apparaître sur toutes les pages. Dans leurs colonnes respectives, Loïc Fauchon (président du CME), Benedito Braga (président du comité international du FME) et Jean-Claude Gaudin s’y emploient avec application : le premier prédit « des milliers de solutions » à discuter, le deuxième donne « l’heure des solutions », le dernier assure le service minimum, trop occupé à caser le mot « Marseille » le plus souvent possible.
Globalement, le document final multiplie les phrases bancales, absconses, les répétitions, et use d’une syntaxe hasardeuse et de formulations vides de sens camouflées derrière une belle mise en page. « Bleu » est un terme particulièrement prisé : « planète bleue », « eau bleue » (?).
L’objectif est d’adopter une posture consensuelle écologiquement et socialement, et de faire passer le Conseil mondial de l’eau pour une ONG humaniste, voire une structure onusienne, auréolée d’une légitimité à toute épreuve. Mais au delà du bla-bla, du bling bling et du travail de sape communicationnel, ce document attrape-tout met en scène les enjeux de pouvoirs liés au Forum mondial de l’eau, ainsi que ses ressorts cachés.

Gaudin
À Marseille, culture (Marseille Provence capitale culturelle 2013) ou eau, tout est bon à prendre, surtout si cela permet de redorer le blason de la ville et, partant, de l’équipe municipale en place. D’ailleurs les Cool Globes, ces sculptures exposées en 2010 dans la ville et omniprésentes dans la plaquette du FME, sont présentées par la mairie comme un point de jonction entre les deux événements. Il n’est pas véritablement question d’eau dans l’intervention de Jean-Claude Gaudin, mais de Marseille. En pratique, lorsqu’il est réellement temps d’aborder les questions hydriques, le libéral sénateur-maire est un adepte de la délégation de service public, et pas uniquement pour l’eau. Concernant Marseille encore, Jean-Claude Gaudin est également heureux de la présence sur ses terres du Conseil mondial de l’eau, oubliant de préciser les liens qui les unissent (Loïc Fauchon, président du CME, dirige la Société des eaux de Marseille, filiale de Veolia), préférant un discret hommage : « Les Marseillais et les Provençaux ont développé une véritable “histoire d’amour” avec l’eau ainsi qu’un savoir-faire mondialement reconnu qui s’exprime à travers des organismes comme la Société du Canal de Provence ou la Société des Eaux de Marseille et bien d’autres encore. »

La voix de la France
Faire débuter la feuille de route par un texte de Nicolas Sarkozy donne le « la ». Dans son discours du 2 juin 2010, lors du lancement officiel du FME à l’Elysée, Chantal Jouanno, alors secrétaire d’État chargée de l’Écologie, levait toutes ambiguïtés : « Le Président de la République a fixé les objectifs qu’il assignait au Forum mondial de 2012. » De plus, le président du comité national français de la structure organisatrice du FME n’est autre que Christian Frémont, ancien préfet de la région Paca et actuel directeur de cabinet de Sarkozy.
La France, pays hôte, est donc à la barre, c’est-à-dire l’Etat français, c’est-à-dire le modèle français de l’eau, à savoir le partenariat public privé dans lequel les multinationales, françaises en première ligne, jouent un rôle primordial. Un tel parti pris dans la présentation de ce sixième Forum enlève toute crédibilité au travestissement du CME en organe onusien ou en ONG. Par contre, il est tout à fait logique puisque le modèle français et les multinationales françaises s’incarnent dans ce CME.

Le ministre chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, a également enfoncé le clou. « Face à ce défi mondial que représente l’accès à l’eau et à l’assainissement, la France se mobilise. Comme vous le savez, notre pays possède une forte culture de l’eau. Il dispose grâce à ses services des eaux, à ses entreprises et à leur savoir faire, d’une eau courante de très haute qualité. Les modalités de gestion de cette ressource que nous élaborons à travers un dialogue organisé entre utilisateurs et pouvoirs publics nous paraissent performantes, même si elles
ne sont pas transposables partout. »

Et de passer, mine de rien, aux enjeux diplomatiques et géopolitiques : « La coopération française pour l’eau repose elle aussi sur un vaste partenariat, qui mobilise des diplomates, des scientifiques, des techniciens, des financiers, des entreprises, des organisations non-gouvernementales, et bien sûr des collectivités territoriales, très engagées via la coopération décentralisée. S’agissant de l’eau, l’expression “communauté française du développement”, qui m’est chère, prend véritablement tout son sens. »

Dans la même optique, le ministrechargé de la Coopération aloué la loi Oudin-Santini, « qui a permis aux collectivités territoriales et aux agences de l’eau françaises de mener leurs propres actions de solidarité auprès des villes et des villages du Sud ».

Sarkozy
À l’instar de Jean-Claude Gaudin avec Marseille, Nicolas Sarkozy ramène tout à la France. Derrière les très nombreuses formules creuses et voeux pieux (« problème essentiel pour l’avenir de notre planète », « mesures concrètes et engagements fermes », « chiffres accablants »), la substance tient en deux points : les collectivités territoriales, dont le rôle est mis en exergue alors que justement Sarkozy est en train de les réformer et de provoquer au passage pas mal de mécontentements…
Deuxième point : Sarkozy peut ainsi glisser, via circonvolutions (présence des collectivités au plus près des citoyens, etc), sur le « système » français qui « a fait la preuve de son efficacité ». Subliminale, la messe est dite : le Président de la République élimine d’un revers de main tout un pan de la problématique, à savoir le débat autour du choix entre délégation de service public et régie publique, alors qu’un mouvement de fond pro-régie se dessine dans son propre pays ainsi que sur toute la planète, où la défiance à l’endroit des multinationales, tous secteurs confondus, enfle considérablement.

Maquillage
Mais pour donner le change, CME et FME se maquillent en structures au service de la population mondiale, accumulant les déclarations d’intention et les observations concernées.
Mieux, la communication qualifie, dans la feuille de route, le CME d’« ONG internationale » alors que le CME lui-même sur son site se définit comme « une plateforme multilatérale ». Rappelons qu’au sein des membres du CME une place essentielle est faite aux entreprises et aux associations qui leur sont liées. Et que c’est notamment un représentant de Suez-Lyonnaise des eaux, soit un des trois membres fondateurs, qui est allé déposer les statuts de l’association à la préfecture des Bouches du-Rhône en 1996. Et on l’a vu, Loïc Fauchon, le président, dirige une filiale de Veolia.
Dans le comité international du Forum comme dans le comité national, on retrouve toujours en bonne place l’Etat, l’AFD (Agence française de développement), la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau ou encore la Coalition eau (regroupement d’associations partie prenante au Partenariat français pour l’eau, qui promeut le modèle français).
Malgré cela, la communication du FME, fort habile, risque de faire des ravages dans une population peu informée des enjeux réels et le Fame (Forum alternatif mondial de l’eau) devra s’en dépêtrer pour faire entendre sa différence. Cela évidemment avec des moyens sans commune mesure.

Fauchon & Braga
Loïc Fauchon, président du CME, réussit le tour de force de ne rien dire sur quatre colonnes, toujours dans le fameux document issu de la réunion officielle de janvier. Exemples piochés dans « Le temps des solutions » : « passer du pillage au partage » – le pillage, par qui ? le partage, pour qui, comment ? On n’en saura pas plus. « Des milliers de solutions » – lesquelles ? « Le Forum de Marseille représente une formidable opportunité pour la cause de l’eau » – qu’est ce que cette cause ? Enfin, totalement surréaliste : « Donner la parole à l’eau et faire entendre sa voix »… Ou sur le mode John Lennon : « Give water its chance. »

Benedito Braga, président de la branche internationale de l’organisation du Forum, relève le niveau avec une intervention fouillée, exposant les enjeux liés à l’eau à l’aide d’exemples concrets et de véritables analyses. Reste qu’il en conclut bizarrement que « pour solutionner nos problèmes pressants », « l’heure est venue d’impliquer » notamment « le secteur privé ». Mais dans quelle optique ? Comme le secteur privé est déjà largement impliqué dans la gestion de l’eau, on devrait en déduire que Benedito Braga envisage de l’impliquer d’une façon différente. Mais comment alors ? Le temps des réponses est peut-être venu maintenant…

Antoine Pateffoz