L'exploitation forestière des Français dans le bassin du Congo, deuxième massif de forêts tropicales humides au monde, provoque d'importants dégâts dont témoigne un film documentaire réalisé par les Amis de la Terre et rendu public jeudi sur leur site.
Les Amis de la Terre ont conduit une mission dans plusieurs sites d'exploitation du Cameroun et du Congo -Dimako, Yokadouma, Mindourou et Eboumetoum- pour raconter "la face cachée de l'exploitation forestière" notamment par les sociétés françaises Pallisco et Rougier (SFID).
Dans "Déforestation durable", Sylvain Angerand, des Amis de la Terre France, mène l'enquête, avec l'aide de Samuel N'guiffo, des Amis de la Terre Cameroun.
"C'est une spécificité de la coopération française de se concentrer sur le bassindu Congo et sur l'appui à ces industriels, pour qu'ils créent de l'emploi et dudéveloppement", indique Sylvain Angerand à l'AFP. Mais on est loin du compte.
Quand les exploitants arrivent, ils créent des routes, installent des pompes à eau, ouvrent des dispensaires, des écoles, voire construisent
des maisons, grâce à des dons et prêts fournis par la coopération française. Des compensations sont versées pour l'exploitation de la forêt mais corruption aidant, les habitants n'en voient pas la couleur, souligne le film.
Le problème, c'est qu'une fois les meilleures espèces exploitées, les forestiers vont ailleurs. La route n'est plus entretenue, l'électricité n'arrive plus, le puits ne fonctionne pas... "Ce sont des villages fantômes", dit Sylvain Angerand.
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