La présidente du Brésil Dilma Rousseff s'est engagée mercredi à relancer les travaux pharaoniques de détournement du fleuve Sao Francisco, un projet polémique visant à irriguer le nord-est aride.
"Pour nous, il s'agit d'un chantier stratégique. Ce sont des travaux essentiels, cruciaux pour le Brésil" pour créer "les conditions permettant de cultiver dans une zone de sécheresse", a dit Mme Rousseff qui a visité les chantiers dans les Etats du Pernambouc et du Ceara (nord-est).
Les travaux de captation des eaux du Sao Francisco - troisième fleuve du pays avec ses 2.863 km et son bassin de 640.000 km2 - ont commencé en 2007 mais ont marqué le pas au cours des dernières années.
Pour relancer le projet, le gouvernement a ouvert de nouveaux appels d'offre et fixé des délais stricts, a dit la présidente aux journalistes.
Actuellement, quelque 2.000 ouvriers travaillent sur les sites mais leur nombre doit passer à 6.500 d'ici au mois de juin, selon le gouvernement.
Le chantier, l'un des plus coûteux de ceux lancés par le président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), a été évalué à 4 milliards de dollars.
Il prévoit la construction de 720 kilomètres de canaux, de lacs artificiels et de réservoirs qui doivent apporter de l'eau à 12 millions de personnes dans une région touchée chaque année par la sécheresse.
Ecologistes et populations locales se sont toutefois opposés au projet dont ils dénoncent l'impact sur l'environnement et un évêque, Luiz Cappio, avait fait une grève de la faim en 2005 pour dissuader le président Lula de lancer le projet.
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