Les petits distributeurs français d'eau, réunis au sein de la Fédération des distributeurs d'eau indépendants (FDEI), affirment que l'eau est "un marché trop concentré" et se disent "fragilisés" par la recherche d'un prix toujours plus bas.
Dans un communiqué publié jeudi, la FDEI appelle à "la déconcentration" et "la diversité d'opérateurs" ainsi qu'à privilégier le "meilleur service à l'usager" avec "un prix de l'eau juste et transparent".
Au lendemain de l'annonce de l'ouverture d'une procédure d'enquête de la Commission européenne sur le marché de l'eau en France visant les trois grands du secteur (Saur, Suez Environnement, Veolia Environnement), le FDEI souligne que "les PME de l'eau ne sont pas concernées par (cette) enquête".
La fédération rappelle que les PME ne pèsent que 1% des contrats en délégation de service contre 99% pour les trois majors du secteur. Les services de l'eau sont gérés à 70% en délégation et à 30% en régie.
Les PME estiment cependant avoir joué "un rôle clé dans la régulation du prix de l'eau en France", malgré leur faible poids effectif. Mais leur taux de participation aux appels d'offres en eau et assainissement est tombé à 30%.
Depuis 5 ans, "vu le niveau de prix pratiqué, le phénomène de concentration se poursuit et les PME de l'eau se font racheter progressivement", note la fédération, qui dénonce "un marché trop concentré qui continue à se concentrer".
Selon la FDEI, "les élus décideurs continuent de privilégier le choix des grands groupes en utilisant les PME comme référence du +juste prix+ (...) pour forcer le délégataire sortant à réajuster son prix pendant la négociation".
"Aujourd'hui (...) l'objectif recherché n'est plus le juste prix, mais le prix systématiquement le plus bas", affirme la fédération, pour qui cette situation "fragilise encore plus les PME".
PARIS, 19 jan 2012 (AFP)